Future Darkly: All The Time In The World
2019·34 min·71.7K Vues
« Le temps est la plus longue distance entre deux lieux. » – Tennessee Williams, La ménagerie de verre. La scène s’ouvre sur Ted (Justin Hunt), dans sa chambre, se préparant pour une fête d’anniversaire en l’honneur de son amie Gabi. Le cliquetis hypnotique d’un berceau de Newton résonne au premier plan sur son bureau, tandis que les murmures étouffés d’une ville nocturne filtrent par la fenêtre. Ted est nerveux, tripote ses vêtements, répète devant le miroir, cherchant les mots pour avouer son amour brûlant à sa meilleure amie Gabi, la supplier de larguer son bâtard de petit ami de longue date, Drake. Il sort une montre de gousset, cadeau pour Gabi, la croit cassée et la malmène avec rage, dévoilant par accident un compartiment secret qui libère une aura sinistre, un éclat surnaturel qui pulse comme un cœur obscur. Une distorsion viscérale ondule à l’écran tel un raz-de-marée temporel, figant sons et mouvements pour tous sauf Ted. Le monde s’arrête net, suspendu dans un silence oppressant. Ted, désorienté, scrute la pièce, son horloge pétrifiée. « C’est bizarre, cette saloperie s’est arrêtée », marmonne-t-il, un frisson d’angoisse lui remontant l’échine. Il remarque le berceau de Newton bloqué en plein balancement, les sphères immobiles comme des pendus. L’incrédulité le submerge, il recule, le cœur battant la chamade, peur et excitation mêlées dans l’ombre. Il s’approche, les yeux écarquillés, fouille du regard ce jouet maudit avec une curiosité vorace. Puis, tendu comme un ressort, il ose un geste, effleure les boules lisses. À son contact, elles s’animent d’un coup, claquent avec une fureur libérée, le bruit explosant dans le vide. Ted fixe, hypnotisé, le balancement frénétique, le temps reprenant son emprise lubrique, promettant des plaisirs interdits dans l’éternité figée.
Réalisateurs:Craven Moorehead













